Le fascia agit comme un deuxième cerveau doté d’une mémoire posturale
Vous ne savez peut-être pas comment résoudre des problèmes mathématiques, mais le fascia stocke beaucoup d’informations pour nous. Prendre soin d’elle, c’est une assurance vie pour atteindre pleinement les personnes âgées.
On entend depuis quelques années qu’il existe un deuxième cerveau dans la masse musculaire et le microbiote. La dernière théorie de ceux qui étudient la biomécanique du corps affirme que l’intelligence présente dans tout votre corps est également concentrée dans le fascia. Nous parlons du réseau continu de tissu conjonctif qui intègre toutes les cellules et qui Il contient plus de terminaisons nerveuses sensorielles que les muscles, la moelle épinière et l’esprit réunis. De tous les systèmes, c’est l’un de ceux qui possèdent la plus grande densité d’informations dans le corps.
Comment cela s’explique-t-il ? Facile : le fascia en comporte des récepteurs qui détectent la pression, la tension et les vibrations et traduisent ces forces physiques en signaux électriques et chimiques. Le fascia écoute, répond et transmet les informations à une vitesse supérieure à la pensée consciente elle-même. Ces signaux voyagent à travers votre réseau interne pour guider notre coordination, notre posture et notre équilibre, avant même que le cerveau puisse les traiter.
C’est là que la proprioception est régulée.
Le fascia n’est pas un tissu passif ou simplement structurel. Yvette Pons, spécialiste en bioesthétique fonctionnelle avec plus de trente ans d’expérience, explique qu’« elle possède une architecture complexe, densément innervée, vascularisée et avec des cellules vivantes qui répondent à des stimuli mécaniques et métaboliques. influencer la posture, la transmission des forces, la sensibilité, l’inflammation, la mécanique musculaire et, probablement, les processus liés au vieillissement et aux changements d’apparence.
Le Dr Robert Schleip, éminent chercheur sur les fascias et président fondateur du Fascia Research Congress, s’exprime dans des termes similaires. Il décrit le fascia comme un « tissu sensoriel et émotionnel » et affirme que la sensation de l’état interne du corps (intéroception) et sensation du corps dans l’espace (proprioception) Ils sont largement déterminés par le fascia.
L’autre souvenir émotionnel
Cette capacité émotionnelle du fascia permet d’agir sur lui pour s’améliorer sur le plan physique, mais aussi psychologique ou émotionnel. « Si nous sommes soumis à un stress chronique pendant une longue période, ce ne sont pas nos fibres musculaires qui se raccourcissent et se resserrent, mais « des tissus conjonctifs fasciaux qui durcissent avec le temps », Le Dr Schleip a souligné le site Web Super Age.
Le fascia est capable de mémoriser les tensions mécaniques et adapte sa structure aux surcharges, aux compensations posturales ou au stress. « Ce « Cela peut finir par se traduire par une rigidité, des changements de tonus, des déséquilibres structurels et, par conséquent, des altérations morphologiques qui affectent l’apparence physique. »explique Pons.
Et qu’est-ce que cela a à voir avec la longévité ?
La détérioration physique due au passage du temps ne survient pas du jour au lendemain. Prendre soin du fascia, c’est travailler pour notre longévité. C’est ce que souligne le Dr Schleip, en passant en revue la manière dont ce tissu intervient dans différents biomarqueurs de longévité :
- Mobilité et posture. Le fascia stabilise les muscles et les articulations, maintenant l’alignement. Lorsqu’il est flexible, le fascia permet un mouvement sans friction. Lorsqu’ils sont raides ou collés, ils contribuent à la raideur et à une mauvaise posture.
- Flexibilité. L’épaississement et la densification des fascias liés à l’âge réduisent l’amplitude de mouvement des articulations. Les études échographiques montrent que les personnes âgées ont un fascia lombaire plus épais, ce qui est en corrélation avec une diminution de la flexibilité du tronc. Garder le fascia flexible peut contrecarrer cette détérioration.
- Force et performance. Le fascia transmet la force à travers les muscles et les articulations. La fibrose fasciale liée à l’âge peut diminuer la puissance musculaire et l’efficacité des mouvements. Un fascia sain s’améliore rebond élastique, ce qui profite à la performance sportive.
- Prévention de la douleur et des blessures. Ce tissu riche en terminaisons nerveuses est impliqué dans différents syndromes douloureux chroniques. En fait, les adhérences ou raideurs fasciales peuvent provoquer des douleurs et restreindre la circulation sanguine.
- Circulation et immunité. Le fascia contient également des vaisseaux sanguins et lymphatiques et interagit avec les systèmes immunitaire et endocrinien, essentiels à la fonction immunitaire et à l’élimination des déchets. Lorsqu’une déshydratation ou une raideur survient, cela interfère avec le bon drainage lymphatique, ce qui génère une inflammation. Un fascia sain aide à moduler l’inflammation systémique, un facteur clé du vieillissement.
- Connexion corps-esprit et stress. Le fascia répond au système nerveux. Le stress chronique la met à rude épreuve. Les pratiques de relaxation libèrent les tensions fasciales, améliorant ainsi le bien-être physique et émotionnel.
Les soins personnels atteignent le fascia
Il est clair que maintenir notre tissu conjonctif en bon état est essentiel pour jouir d’une bonne qualité de vie à tout âge. Comme les muscles et les articulations, il nécessite une attention constante pour rester souple, hydraté et résilient. Pons souligne qu’il existe plusieurs stratégies pour y remédier. «Incorporer notamment des exercices de mobilité douce, d’étirements et de musculation, impliquant de préférence de longues chaînes musculaires et des postures variées, pour maintenir l’élasticité, la circulation et le glissement fascial », explique-t-il. Le Dr Schleip souligne les effets bénéfiques de libération myofasciale grâce au massage au rouleau.
Enfin, Pons ajoute des conseils généraux de soins personnels : bonne hydratation, hygiène posturale, repos et contrôle hormonal et métabolique. « En bref, maintenir de bonnes habitudes et un mode de vie sain. »